LES « BIENFAITS » D’UN… A.V.C. !

LES « BIENFAITS » D'UN... A.V.C. !

Jeudi 10 novembre 2016, milieu de l’après midi, des vertiges et surtout, des mots buttent et ne sortent pas normalement. Réponse de la secrétaire de mon médecin traitant : téléphonez immédiatement aux urgences. Une demie-heure plus tard, les pompiers arrivent, hôpital, IRM, je marche encore normalement, dans la nuit, je tombe dans les toilettes : le véritable AVC a frappé, nous sommes au matin du 11 novembre !

Me voilà complètement paralysé de la jambe et du bras gauche. C’est d’abord un mois aux services neurologiques de l’hôpital de Roanne, puis transferts à l’annexe de Bonvert, au bord de la Loire, pour commencer sérieusement ma rééducation, avec kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes et infirmières attentionnées, sans oublier des médecins qui cherchent sans relâche la cause de mon AVC, prises de sang, tension, etc… pour éviter une récidive éventuelle !

Tout à coup, tout s’arrête. La coupure totale. Les affaires en cours, Chris doit prendre le relais !

Voilà subitement que j’ai du temps, tout le temps, pour réfléchir, faire le point. Au début, c’est l’hébétude, la prise au sérieux de ce qui t’arrive. Ce corps qui n’obéit plus. Tu veux lever le bras : rien. Tu veux bouger ta main : rien, tes doigts : RIEN. Le moindre signe de retour est scruté, épié… et quand il arrive, il est accueilli comme une grande victoire ! La première victoire dûment enregistrée : l’index ! Je l’exhibais tel un trophée…

Alors des pensées te traversent la tête, toutes sortes de pensées. Ta vie commence à défiler, les paroles des uns et des autres, et de Dieu en particulier. C’est là qu’une phrase s’impose, te taraude même, que j’avais exprimée en d’autres occasions, dans des circonstances dramatiques, auprès d’amis éprouvés. Cette parole dans la lettre de Paul aux Romains (8 : 28) : « Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ». !

Tout concourt… TOUT ! Même mon AVC donc !? Non que Dieu veuille me « punir » de quoi que ce soit…encore qu’il y aurait de quoi certainement, même qu’en cherchant bien, je confesse que je finirais par être d’accord avec cette sentence !

Quand je sais tout le mal que Chris a dû se donner pour mettre de l’ordre dans mon bureau, ne fut-ce que pour trouver des papiers nécessaires à mon hospitalisation, sans compter le reste du travail à faire au quotidien, je ne peux qu’être profondément reconnaissant à Chris de tout le surcroît de charge que je lui ai imposé à cause de ma négligence accumulée.

« Punition »… je doute que ce soit dans la manière d’agir de Dieu que de vouloir « punir ». Car Dieu n’est pas un Père… fouettard ! Il est beaucoup plus aimant et pédagogue que cela. Dieu ne « punit » pas, Il châtie (rendre chaste, purifier), Il corrige, Il instruit. La « punition » a quelque chose de violent, une connotation trop ancrée dans l’usage des hommes, dans les réflexes spontanés non mûrement pensés dans les conséquences qu’ils peuvent engendrer… même si dans certains cas, une punition est nécessaire pour l’éducation d’un enfant, mais à manipuler avec sagesse et amour.

Dieu est infiniment plus fin, plus attentionné, plus prévenant que cela dans son projet de rétablissement de Son Image en nous. Dans cette prise de conscience de la dimension de son amour, je suis chaque jour plus émerveillé, plus reconnaissant de ce qui m’arrive ! Rendez-vous compte, Dieu m’offre du temps, dont Il est le Maître, oui du temps pour mettre ma vie en ordre, parce qu’Il désire tellement que je sois avec Lui dans Son Royaume… !

Le temps. Tout ce temps que je n’ai pas pris pour méditer, pour me nourrir de Sa Parole, pour prier aussi. Je confesse que je m’étais relâché, ces derniers… temps, dans ces pratiques tellement élémentaires de le vie d’un disciples

Et puis, comme rien n’arrive par hasard, voilà qu’une amie de notre communauté roannaise m’offre un petit fascicule intitulé :  « Pas à pas vers un réveil spirituel, Être rempli du Saint-Esprit » de Helmut Haubeil aux éditions Vie et Santé. Je le lis, ou plutôt je le dévore ! C’est exactement ce dont j’avais besoin. Cette lecture réveille en moi des souvenirs plus que précieux, une époque où je marchais vraiment davantage par l’Esprit, il y a bien des années… La vie est faite de hauts et de bas, et ce sont des moments comme je vis actuellement qui m’en font plus précisément prendre conscience.

En conclusion, il n’est pas question de prendre mon cas pour une généralité. Je suis conscient que l’AVC qui m’est tombé dessus est en très bonne rémission, donc immensément reconnaissant du résultat de toutes les prières en ma faveur qui sont montées à Dieu. Et puis, le dévouement et la compétence de tous le personnel hospitalier, avec en plus le sourire quand l’exercice demandé est trop difficile… !

Juste un mot encore. Si vous avez le moindre signe annonciateur d’un AVC, ne perdez pas une minute, même une seconde, appelez immédiatement les pompiers ou les secours disponibles, c’est primordial. En souhaitant très fort que ça ne vous arrive pas !

PS : Aujourd’hui dimanche 23 avril 2017. Vendredi dernier, c’était mon dernier jour d’hôpital. J’ai dis au revoir à toute l’équipe soignante grâce à laquelle je m’en étais si bien sorti. Encore quelques séances de kiné à domicile, histoire de ne pas prendre de mauvaises habitudes ! Et puis cette tranche de vie sera terminée. Mais voilà, il y a eu un avant, et il y a un après. Plus jamais les choses ne seront pareil. Je tenais très fort à partager les impressions vécues à l’occasion de ce grand choc passé. Je ne pouvais taire mon souhait d’en témoigner dans mon cheminement de foi.

Surtout, côté mauvaises habitudes, plus question de continuer « comme avant » ! Comme dit Jésus au paralytique de la piscine de Béthesda : « Ecoute, tu es guéri maintenant. Ne pèche plus, pour qu’il ne t’arrive pas quelque chose de pire. » (Jean 5 : 14)

Voilà, un nouveau départ. Une espérance restaurée aussi. Une nouvelle joie de partager ce
projet de vie !… malgré mes 79 ans, je trouve cela tout à fait formidable… Pas vous ?!

Bonne Vie en Jésus-Christ !

Jean-Paul Cosendai

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